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Ego trip

De temps en temps, je tape mon propre nom dans « Google ».

Je sais, c’est ridicule. Je ne suis pas fier.

Qu’est-ce que j’y trouve ?

A propos de « Malaise vagal » (Fluide glacial, 2008), par exemple, un blogueur nommé Geoffroy d’Ursel, sur chroniquesdasteline.blogspot.com, écrit : « je déteste ces catalogues de mesquineries ». Bon. Il n’a pas aimé. Ça ne me fait pas plaisir, mais c’est son droit ! Je le comprends moins quand il écrit : « quant au scénariste Gilles Dal, il était jusqu’ici journaliste et écrivain, et les titres de ses essais (« La frustration reine », « Loués soient nos téléviseurs » ou encore « Petit répertoire des lieux communs ») trahissent une assez piètre opinion de l’espèce humaine »… mais bon ! Cette lecture me déprime un peu ; heureusement, je connais un regain de moral en poursuivant ma navigation. Le chroniqueur BD de crdp-poitiers.cndp.fr écrit en effet : « imagées par Jannin, les planches réunies dans cet album sont d’abord le résultat d’un excellent travail de dialoguiste signé Gilles Dal (…) Observée avec acuité, la vie des gens y est toujours à la limite du malaise (…) C’est percutant, terrifiant, plus fort souvent que les Frustrés de Bretécher, c’est tout dire ! » Moi je dis : ce chroniqueur est un génie ! Autant que Eric H. qui, sur papercut.fr, écrit : « les deux auteurs croquent à merveille tous ces petits instants de couple où fusent les phrases assassines. La complexité des relations humaines dans toute leur splendeur ».

Je reprends un peu confiance en moi lorsque, patatras : je tombe sur une critique très négative de « 300 millions d’amis » (Dupuis, 2010). Olivier, sur scenario.com, écrit : « un album qui manque sérieusement de saveur et de piquant. La dérision certainement recherchée par l’auteur est malheureusement absente ou noyée sous un verbiage assommant ». Ouch ! Eh bien ça, je n’aime pas, tiens, par contre. Heureusement que Philippe Belhalche, sur bd.blogs.sudouest.com, écrit : « c’est du lourd… Car au détour d’hilarantes pages de stars, Dal et Jannin s’attachent essentiellement à mettre au jour les dérives du Net. Les deux compères portent le fer où ça fait mal, shootent à coup sûr, mettent à nu des vérités que l’on préfère souvent laisser de côté. Le rire se fait souvent jaune mais reste salutaire. Indispensable pour tous les drogués du Net ». Très bien, ça, Philippe ! Ah, flûte : Jean-Bernard Vanier, sur planetebd.com, écrit quant à lui : « l’album ne parvient, au fil de ses 48 pages, qu’à provoquer des sourires furtifs et convenus ». Argh, et moi qui reprenais goût à la vie! Petit coup de blues momentané, rapidement compensé par la prose du blogueur de bestofverviers.be : « peut-on rire de Facebook ? Deux géniaux petits gars de chez nous ont relevé avec succès le défi. Ils se sont payés une tranche de Facebook, et c’est réussi ! Fred Janin et Gilles Dal nous offrent un tableau extrêmement intéressant de ce microcosme particulier, ce phénomène social ». Et puis Nicolas Radiguet, sur bd.encore.com, qui écrit : « bien pensé et original, leur délire fait mouche. En effet, les deux auteurs ont bien réussi à cerner les abus et autres dérives qui émanent de l’utilisation de ce réseau social, et ils les tournent parfaitement en dérision ». Aaaaah ! Là, je reprends vraiment confiance… « Très finement observé » pour krinein.com, puis un blogueur présentateur d’une émission sur une chaine du câble, Mickaël Tardu, qui, sur tardu.fr, me comble : « Dupuis met en avant Fédéric Jannin au dessin, et Gilles Dal pour le scénario qui nous proposent un premier tome de 300 millions d’amis, qui j’espère deviendra une saga et qui mérite un « J’adore ça » que Facebook devrait créer pour l’occasion. 300 millions d’amis m’a fait rire et c’est que j’ai le sourire difficile !
Une avalanche de gags qui puisent leur inspiration dans le quotidien de Facebook poussé à l’extrême. 300 millions d’amis de Frédéric Jannin et Gilles Dal, LA bande dessinée pour toute la famille que l’on soit fan ou pas encore de Facebook ». Génial !

Hélas, ma joie est de courte durée… je tombe en effet sur une critique de DT sur actuabd.com, à propos de la BD qui a suivi « 300 millions d’amis » : « se voulant très inspirés par les réseaux sociaux et la nouvelle sociabilité sur le web, Jannin et Dal récidivent sur le thème après 300 millions d’amis. Prétendant commenter avec acidité le monde des sites de rencontre, les auteurs se contentent d’enfiler les clichés, alternant fausses pages web et scènes de rendez-vous calamiteux. Le lecteur, perplexe, sourit à peine, sans voir autre chose qu’un exercice laborieux et vain. De longs monologues pénibles alternent avec des scènes très répétitives de sentiment d’échec, dessinées à la va-vite sur des fonds d’une laideur uniforme.
Et ce ne sont pas les apparitions récurrentes du patron du site de rencontre, légères comme une pub pour lessive, qui relancent la machine ». Argh ! Le coup de massue. Vite, vite, passer à autre chose. Ouf, Jean-Luc Raymond, sur epn.ressources.be, évoquant le même album, me sauve des méandres de la dépression : « Jannin et Dal, un duo magique, qui illustre à merveille l’appréhension (…) d’Internet ». Gnnntch ! Hélas. Sur toutenbd.com, le chroniqueur écrit : « malheureusement la plupart des planches sont surchargées en textes tandis que les gags eux-mêmes manquent singulièrement d’originalité et de diversité ». Mais, dans « La tribune de Genève », le journaliste explique qu’« après 300 millions d’amis, démontage en règle des réseaux sociaux, Gilles Dal et Frédéric Jannin brocardent les sites de rencontre dans toi + moi. org, une bande dessinée irrésistible qui sent le vécu. De faux échanges de mails gratinés en témoignages bidon, l’iconoclaste duo fait feu de tout bois. Proche du cartoon, le dessin jeté de Jannin sert efficacement l’humour incisif de Dal ». Puis ce bon vieux bestofverviers.be qui récidive : « ce duo Jannin et Dal dispose d’un réel talent pour caricaturer ces hommes et ces femmes qui par écrans interposés tendent vers cette quête inassouvie : la recherche du grand, du beau, du formidable Amour (…). On le sait, Jannin dispose d’une plume humoristique, incisive, sarcastique, pleine de dérision, mais il parvient à prendre suffisamment de recul avec le phénomène pour nous livrer ici un tableau plein de drôleries tiré de ces situations parfois tellement cocasses que l’on peut retrouver dans l’intimité des utilisateurs des sites de rencontres ».

Bref. Je pourrais continuer encore longtemps, mais je crois qu’on a compris le message : on ne peut pas plaire à tout le monde. (Le scoop !)

Au fond, comme le dit souvent mon ami Fred : « quoi qu’on fasse, ceux qui aiment bien aiment bien, et ceux qui n’aiment pas n’aiment pas »…