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Heureusement que je suis là!

avril 2010

Dites, je me suis fait une réflexion l’autre jour : vous avez de la chance de m’avoir, quand même.

Je me regardais dans le miroir, et je me disais : heureusement pour eux que je suis là!

Parce que sinon, qui se soucierait de vous? Hein? Vous y avez pensé? Il n’y aurait personne : vous seriez tout seuls, abandonnés comme des chiens à l’arbitraire d’un pouvoir sans scrupules!

C’est donc dans votre intérêt que je vous invite à rejoindre mon mouvement, le GG, le “Groupe des Gens”.

Un mouvement qui est incarné par ce slogan : “Parce qu’il ne faut quand même pas pousser”.

Pourquoi ai-je décidé de me lancer en politique? Ecoutez, c’est très simple : quand on voit ce qu’on voit tous les jours, quand on entend ce qu’on entend tous les jours, quand on regarde ce qu’on regarde tous les jours, et quand on voit que ça s’accumule, eh bien on se dit que ça ne va pas.

Et moi, je propose que ça aille.

Voilà.

Comment?

D’abord en s’attaquant aux partis traditionnels, parce que ce sont tous des gros vilains dont le seul but est de tout faire pour que rien n’aille.

Ensuite, en s’attaquant au Système. Quel Système? Mais enfin, le Système! Vous savez, ce grand monstre difforme aux yeux injectés de sang, composé de tous les ministres, tous les députés, tous les bourgmestres, tous les secrétaires d’Etat, tous les échevins de ce pays, qui se réunissent tous régulièrement dans une salle tenue secrète pour trouver de nouvelles manières de nous pourrir la vie.

Alors, pour mettre à bas ce Système, je propose tout simplement de m’attaquer aux vrais problèmes, sans tabous. En faisant ce que je dis, en disant ce que je fais, en disant ce que je dis et en faisant ce que je fais. Tout en faisant ce que je dis que je vais faire, et en disant que je fais ce que je dis. Ce que je suis en train de faire, d’ailleurs.

Ce projet, voyez-vous, je veux le mener à bien avec des hommes nouveaux, des hommes neufs, porteurs d’une ambition nouvelle et d’un projet neuf, nouveau et neuf, novateur et innovant, qui sont tous prêts à se rassembler autour de la charte de notre mouvement, déclinée en trois grands axes : d’abord, être ambitieux; ensuite, tenir ses engagements; enfin, voir loin.

Plus concrètement encore, voici le détail de mon programme.

Premier point : la sécurité. Il en faut plus. Comment? C’est très simple, et je vais vous le dire : en prenant le problème à bras-le-corps. Voilà.

Deuxième point : l’enseignement. Il faut qu’il soit de qualité. Comment? C’est très simple, et je vais vous le dire : en prenant le problème à bras-le-corps.

Troisième point : la justice. Il faut qu’elle aille mieux. Comment? C’est très simple, et je vais vous le dire : en prenant le problème à bras-le-corps.

Evidemment, j’ai conscience qu’un programme aussi iconoclaste et révolutionnaire ne va pas me valoir que des amis. Je le sais, et je suis prêt à vivre les sacrfices que mon sacerdoce m’imposera.

Il me faudra bien du courage, chers amis, car je dérange beaucoup de monde, je bouscule beaucoup d’intérêts, et on va tout faire pour m’abattre.

Qui ça, “on”?

Ben, euh… les tentants du statu quo, évidemment! Ceux qui préfèrent que les choses ne changent pas parce qu’ils ont tout intérêt à ce qu’elles ne changent pas vu que si elles changeaient eh ben ils ne seraient pas contents, vu qi’ils ne veulent pas qu’elles changent! Ah ben tiens!

Vous savez, je suis un homme pragmatique. Les grands discours, ce n’est pas mon truc; je me méfie des belles paroles. Avec moi, les actes passent avant les paroles. Là-dessus, vous avez ma parole. Enfin, même si je ne suis pas un homme de parole… enfin si, je suis un homme de parole, mais pas dans le sens “parole”. Enfin vous voyez : j’aime donner ma parole, mais pas pour de belles paroles.

Bref. Si mon projet vous intéresse, euh… eh bien tant mieux.

Allez, là-dessus, bises!