Ce lundi 6 juin, je suis tombé sur la devanture d’un coiffeur qui disait ceci : « un accueil, un dialogue, une coupe personnalisée ». Formidable !
Un accueil : ça veut dire qu’on vous dit bonjour.
Un dialogue, ça doit donner ceci : « vous pouvez me prendre maintenant ? » « Oui ».
« Une coupe personnalisée ». Et ça c’est vraiment génial : le mec vous coiffe comme vous lui demandez ! Ce qui est quand même un concept fondamentalement novateur : jusque là, c’est bien connu, c’était la même coupe, pour tout le monde, partout.
« Un accueil, un dialogue, une coupe personnalisée ».
Enfin, je préfère encore ça que les jeux de mots foireux, genre « Créa’tif », « Diminu’tif », « Atmosph’hair », « Capill’hair » ; j’ai même vu une fois un « Faudra tif hair ».
C’est mieux aussi que les coiffeurs conceptuels, qui se targuent tous de proposer « une autre vision de la coiffure ».
Autre par rapport à quoi ? Pfiou, aucune idée, mais… « une autre vision ».
Comme une pompe à essence qui dirait : « une autre vision de l’essence ».
Ou un déboucheur qui dirait : « une autre vision du débouchage ».
Ou encore un fritkot qui dirait : « une autre vision de la frite ». Avec une huile plus humaine, à base de pommes de terre citoyennes, cultivées dans la dignité, cuites avec respect, servies avec du ketchup responsable.
Bref. Le tout, aujourd’hui, c’est d’être autre.
Quoi d’autre, justement ? Eh bien à ce propos, ce mardi 7 juin 2011, qu’est-ce que je lis dans la gazette ? Que Sabine Laruelle en appelle à mener à bien… « une autre politique ». Eh ben voilà ! C’est là que les négociations coinçaient, mais maintenant c’est bon, on tient le bon bout : la solution, elle était là, mais simplement on ne la voyait pas… il faut une autre politique. Et ce qui est rageant, c’est qu’on n’y ait pas pensé plus tôt ! Quelle autre politique ? Je vais vous le dire. Il faut une série de mesures très concrètes, qui concernent vraiment les vrais citoyens, sans exclusives ni tabous ni faux-semblants ni faux-fuyants. Voilà. Comment on s’y prend ? Eh bien là aussi, je vais vous le dire, très concrètement : on se met autour de la table, on se retrousse les manches, on prend toutes nos responsabilités, on pose des gestes forts et on dégage des solutions claires. Comment on y parvient ? Mais c’est tout simple, la recette tient en quelques idées claires : ne plus se cacher derrière son petit doigt, prendre les problèmes à bras-le-corps, œuvrer à un débat, tout remettre à plat, et refuser la fatalité. Dans quel but ? Eh bien là aussi, je vais être très clair et très concret, et excusez-moi si je suis direct : dans le but de sortir de la crise par le haut, de donner toutes ses chances à l’avenir, d’offrir une alternative durable et d’oser le changement. Et voilà !
Ah là là, ce n’est pas facile, de parler quand on ne sait pas quoi dire… je me faisais cette réflexion en regardant ce mercredi 8 juin les journalistes en faction devant la résidence de DSK : les pauvres, ils n’ont rien à dire… vu que la porte est fermée. « Eh bien oui… voilà… voilà, voilà… donc je me trouve ici devant la résidence occupée par Dominique Strauss-Kahn et son épouse Anne Sinclair. Voilà. C’est ici. Enfin, c’est là. Derrière moi. Ou devant, si je me retourne. Bien, bien. Euh… pfff… alors, quoi de sensas’ aujourd’hui ? Ben disons que ce matin, vers 6 heures et demie, au lever du jour, on a remarqué que la lumière du hall d’entrée s’était allumée… alors on ne sait pas bien si c’était la minuterie, ou alors Anne Sinclair qui est venue allumer, ou bien peut-être DSK lui-même, ou alors un garde du corps, on ne sait pas. Sinon, vers midi, il y a un traiteur chinois qui est venu apporter des plats ; je suis parvenu à l’interviewer et il m’a confié que le couple avait commandé deux assortiments vapeur ainsi que des brochettes de poulet. Voilà. Alors… à l’heure qu’il est, ben plus que probablement que DSK prépare sa défense, hein. Plus que probablement. Ou alors il fait une petite sieste, bien à l’aise, mais enfin à mon avis, avec tous les soucis qu’il a en ce moment, il pense quand même beaucoup à sa défense. Sinon, ah oui : il y a aussi sa fille qui est passée tout à l’heure, et elle portait un pull vert. Et oui, aussi je voulais dire : c’est par cette porte-là, enfin, ici, que DSK sortira la prochaine fois qu’il sortira. On verra à ce moment-là s’il aura le visage fermé, comme la dernière fois. Ou pas. Il faudra voir ».
Vous savez quoi ? Le problème, c’est qu’on ne comble pas le vide avec des mots creux…